L’hyperpilosité

 

Sommaire
  • Qu’est-ce que l’hyperpilosité...
  • Les causes
  • Quels examens faut-il faire...
  • Quels traitements ?
  • Quelles complications ?

 

 

  • A l’adolescence, le système pileux se développe et se différencie entre l’homme et la femme. Pourtant, chez certaines femmes, les poils prennent une allure plus masculine, constituant une hyperpilosité. Une pathologie "affichante" qui peut avoir un fort impact psycho-social.

 

27081 t220Qu’est-ce que l’hyperpilosité ?

L’hyperpilosité recouvre en réalité deux phénomènes :
> L’hypertrichose est souvent due à une prédisposition ethnique chez lesbrunes. Elle se traduit par une augmentation de la pilosité sur les bras, des jambes et du visage sous forme de duvet.
Nous nous intéresserons plus particulièrement ici à l’hirsutisme pour lequel on cherchera une pathologie spécifique.

> L’hirsutisme touche 5 à 10% des femmes. Les poils poussent drus et noirs dans des zones habituellement masculines : lèvre supérieure, favoris, menton, cou, sillon inter-mammaire, aréole des seins, ligne ombilico-pubienne, racine des cuisses et parfois même : fesses et dos.

Les causes

Les causes les plus courantes de l’hirsutisme sont :
> Le syndrome des ovaires polykistiques (70 à 80% des cas d’hirsutisme) qui se traduit par une augmentation inhabituelle des androgènes (hormones mâles) produites par la femme (car les femmes produisent toutes un peu d'hormones masculines).
D'autres causes beaucoup plus rares sont possibles : comme un défaut enzymatique surrénalien conduisant à une hyperproduction d'androgènes, la prise de certains médicaments fortement dosés en androgènes, la maladie de Cushing, ou encore, très rarement, une tumeur ovarienne ou surrénalienne.
> L’hirsutisme idiopathique : c'est-à-dire l’hypersensibilité des récepteurs pilaires aux androgènes. Le taux hormonal est donc normal dans ce cas, et l'hyperpilosité n'a pas véritablement de cause hormonale.

Quels examens faut-il faire ?

Dans un premier temps, une prise de sang sera prescrite afin de mesurer le taux de testostéronedans le sang et ainsi de déterminer l'origine du problème, et d'identifier un éventuel hirsutisme. On s’orientera donc : soit vers un dérèglement endocrinien (hyper-androgénie) avec origine ovarienne ou surrénalienne ; soit vers un hirsutisme idiopathique si ce taux est normal.

Quels traitements ?

La prise en charge de l’hirsutisme peut être conduite par différents médecins spécialistes. Mais c’est le dermatologue qui coordonne l’ensemble des interventions avec le gynécologue, l’endocrinologue, voire parfois un psychologueou un psychiatre.
> Si la maladie est due à un dérèglement hormonal important, le traitement (anti-androgène) aura pour objectif de rectifier le déséquilibre hormonal et de réduire l’impact esthétique.
> S’il n’y a pas de dérèglement hormonal majeur, on proposera un traitement local (une crème) pour ralentir la repousse du poil après une épilationclassique ou au laser. Dans tous les cas, il faut attendre 6 mois à un an pour constater leur efficacité.
Enfin, pour les cas d’hypertrichose, on pourra utiliser des soins esthétiques utiliisant des décolorants.

 

Quelles complications ?

L'hyperpilosité peut avoir un fort retentissement psycho-social. Les personnes qui en souffrent peuvent souffrir de dépression, de TOC, d’anxiété, de phobie sociale, d’hypersensibilité émotionnelle parfois même associée à des perturbations de lalibido.

 par Dr Catherine Oliveres-Ghouti, dermatologue

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